La NASA enrichit son catalogue de lacunes de données d'exploration afin d'orienter les constructeurs d'engins spatiaux commerciaux et les prochaines missions de surface, mettant en lumière le travail de Richard Spolzino, ingénieur aérospatial au centre de recherche Langley. Basé à Hampton, en Virginie, Richard Spolzino travaille au sein de l'architecture de mission de la base lunaire (« Moon Base ») et sur l'interopérabilité des systèmes, répertoriant les inconnues techniques liées aux opérations sur la Lune.

Sous l'impulsion de la direction de la NASA, les entreprises qui proposent de nouveaux instruments spatiaux doivent désormais démontrer en quoi leurs projets répondent directement à une lacune de données documentée. Cette politique vise à garantir que les propositions externes d'instruments s'alignent sur des questions techniques précises que les missions de l'agence n'ont pas encore résolues.

Cartographier les inconnues techniques

Richard Spolzino assimile ces lacunes de données à des manques de connaissances, qui précisent ce que les ingénieurs et scientifiques doivent encore apprendre avant et pendant les missions. « On peut considérer cela comme un synonyme de déficit de connaissances. C'est une façon de formaliser ce que nous ignorons », a-t-il déclaré. Selon lui, cerner ces éléments manquants offre aux partenaires industriels une visibilité claire sur les domaines où leurs charges utiles auront l'impact le plus déterminant.

Son équipe, qui s'appuyait sur environ 25 lacunes publiées l'an dernier, est en bonne voie pour porter ce catalogue à 60 d'ici la fin de l'année.

Applications aux missions commerciales

Ce travail de recensement a déjà façonné la planification de vol de partenaires commerciaux. L'équipe de Spolzino a ainsi aidé Voyager (anciennement Astrobotic), spécialiste des atterrisseurs lunaires, à hiérarchiser ses transmissions de données pour sa mission d'alunissage Griffin-1 à venir.

Richard Spolzino a étudié la physique à l'université de Santa Clara avant de suivre un cursus de deuxième cycle à l'université de Houston, combinant génie aérospatial et architecture spatiale. Il précise que son intérêt pour l'interopérabilité des systèmes est né d'une volonté d'avoir une portée globale sur les missions.

« Je veux pouvoir regarder un tir de fusée et me dire : "J'ai participé à cela" », a confié Richard Spolzino. Il a ajouté que préserver un tel niveau de qualité mission après mission exige une rigueur institutionnelle permanente : « Maintenir la réputation de la NASA demande un travail soutenu et délibéré. Tout le monde s'efforce sincèrement d'aller dans le bon sens, mais rien n'est automatique. »